Le projet

Dans mes bras : l’émancipation des femmes rurales

Connaissez-vous la Côte d’Ivoire, et plus particulièrement Abobo ? Commune dortoir, la ville d’Abobo abrite une population cosmopolite très active dans le commerce et le service, faisant de celle-ci l’une des communes les plus peuplées d’Abidjan. L’approvisionnement du marché, de plus en plus tributaire de l’arrière-pays et presque exclusivement réalisé par des femmes, devient un enjeu central de sécurité alimentaire. C’est ce qui a poussé les commerçantes du marché d’Abobo à Abidjan à créer en 2002 l’ONG « Dans mes bras », avec pour objectif d’accompagner les femmes des zones rurales vers l’émancipation. L’ONG a progressivement déployé son action autour de l’empowerment social, de l’accès à la formation (alphabétisation, genre, technique agricole, comptabilité, commercialisation, bancarisation) et du financement de ses membres.

 
Selon la FAO, la malnutrition touche plus de 200 millions d’Africains, dont 1/4 d’urbains. En Côte d’Ivoire, les régions du sud-ouest, productrices de café et cacao, sont devenues des zones importantes de production de vivriers. Zones privilégiées d’approvisionnement des villes, les cultivatrices rurales y ont saisi l’opportunité d’améliorer leur condition et de s’émanciper.
L’ONG « Dans mes bras » agit aux côtés de ces femmes, en visant à professionnaliser leurs activités dans une logique d’autonomisation. C’est la même logique d’intervention qui guide la Cofides Nord-Sud, et qui l’a donc poussé à aider l’organisation via la finance solidaire.

 
Pour atteindre ses objectifs, « Dans mes bras » mène différentes actions d’alphabétisation, d’aide à l’approvisionnement des marchés urbains, d’accès à la terre et aux équipements en petits matériels agricoles, d’accès aux microfinances, de lutte contre la pandémie du VIH-SIDA… La promotion de l’esprit d’entrepreneuriat chez les femmes est aussi l’un des axes de l’ONG. Les femmes productrices et commerçantes se sont ainsi organisées depuis 2004 en coopérative : la mutuelle N’zassa, qui compte déjà plus de 100 membres.
 
Résultats ? L’ONG « Dans mes bras » compte 300 membres dans tout le pays.
En 2007, ce sont 30 jeunes filles de 12 à 21 ans qui ont été inscrites au projet d’alphabétisation. 30 bénéficiaires directes ont été instruites et 240 bénéficiaires indirects peuvent en profiter – si nous admettons qu’en Côte d’Ivoire, une famille compte en moyenne 8 membres.
76 femmes ont été équipées en petits matériels agricoles.
La projection de films sur la pandémie VIH-SIDA et la distribution de préservatifs ont permis de toucher plus de 20 000 personnes jeunes et adultes, dans le canton de Boka, permettant de limiter la pandémie dans sa propagation dans une zone à haut risque du fait de sa population très cosmopolite.
Enfin, depuis le lancement en 2002, près de 250 femmes se sont vues attribuer des microfinancements pour faire aboutir leurs projets.

 
Et ce n’est pas tout ! Une expérimentation est ainsi en cours dans le but d’apprendre aux femmes à utiliser la terre de manière rationnelle et durable, et de faire face au réchauffement climatique. Le projet vise à développer des filières vivrières compétitives, intégrées et équitables. 76 femmes productrices de vivriers à Guépahouo (sud-ouest de la Côte d’Ivoire) et 50 femmes commerçantes du marché d’Abobo PK 18 sont actuellement en lien dans cette expérimentation.
 
Affaire à suivre…
 

« Aujourd’hui, grâce à la finance solidaire, l’ONG Dans mes bras a pu trouver des IMF comme partenaires pour l’accompagner dans la mission qu’elle s’est assignée. Ces IMF ont satisfait toutes les demandes de prêts à elles adressées par les bénéficiaires de nos différents projets. La finance solidaire a été pour notre ONG, un supplément aux subventions qui nous sont accordées. Elle est d’un grand apport dans l’accomplissement de nos projets qui, sont généralement de grande envergure et que notre ONG n’aurait pu réaliser sans cet appui. A travers cette finance de proximité, ce sont environ 500 femmes issues de trois régions de la Côte d’Ivoire qui ont pu bénéficier de financement conséquents pour améliorer leurs activités. »

Tama Kouadio, Présidente



« L’un des aspects positifs que nous notons avec la finance solidaire est qu’elle s’est insérée dans nos différents programmes de formations de nos bénéficiaires. Ainsi, avant même d’accéder aux prêts, nous avons mis en œuvre un programme formation à la bancarisation qui a formé les femmes à l’utilisation efficiente des fonds qui leurs sont prêtés. Cette formation a été assurée par la Cofides Nord-Sud. Au-delà de l’accès au service financier, la finance solidaire apporte également une éducation / sensibilisation pour former aux bonnes pratiques de l’épargne et du crédit pour ainsi augmenter les chances de réussites des bénéficiaires.
La finance solidaire a permis en outre, de faire fléchir les IMF sur les conditions d’accès et de remboursement après négociation. Elle a permis notamment de rendre accessible l’emprunt pour ces femmes qui n’avaient rien en faisant passer l’apport personnel de 30 à 10% et en mettant en place un système de caution solidaire porté par l’ONG (5%). Tout cela contribue aussi à renforcer le lien de confiance entre les acteurs.
 »

Tama Kouadio, Présidente

 
L’ONG Dans Mes Bras est nominée aux Grands Prix de la finance solidaire 2016 – Catégorie Entrepreneuriat dans les Pays En Développement, aux côtés de :

Détails

Thématique:Développement économique dans les pays en développement
Localisation:Abidjan - Côte d’Ivoire
Année:2002