Le projet

Comment réussir à payer ses factures lorsque son revenu n’est pas stable ou que l’on se retrouve seul à gérer le foyer ? Dans le district de Rutsiro, au Rwanda, la coopérative agricole Kopakama tente de résoudre cette problématique. Grâce au soutien de la finance solidaire, elle mène ainsi de nombreuses actions auprès des caféiculteurs de la région.

 

Au Rwanda, le génocide de 1994 laisse encore de nombreuses traces

Au Rwanda, dans le district de Rutsiro comme dans de nombreuses autres zones rurales, le génocide de 1994 a eu des conséquences catastrophiques sur les populations. Au-delà d’un climat de méfiance permanent entre voisins d’une même communauté, le génocide a laissé de nombreuses femmes seules à la tête de ménages (veuves et femmes de prisonniers). Une situation difficile, humainement et économiquement. En effet, dans un district où le niveau de pauvreté est plus élevé que la moyenne nationale (d’après l’Institut National de Statistiques du Rwanda), les femmes sont bien souvent proches de sombrer dans le dénuement.

L’une des activités phares de la région, la production de café, a permis à un certain nombre d’habitants de se relever après cette période sombre de l’histoire du pays. Cependant, un revenu stable ne leur est pas toujours garanti. La filière du café a été fortement affectée par la période du génocide. En 2017, le secteur n’avait toujours pas retrouvé ses niveaux d’export d’avant 1994.
Or, la filière café est importante pour les populations des districts de Rutsiro et Karongi où la culture de café est une pratique ancienne.

 

La coopérative Kopakama, pour encourager les caféiculteurs à diversifier leurs sources de revenus

Née en 1998 à Rutsiro (Rwanda) de la volonté des producteurs de café de se regrouper afin d’améliorer leur pouvoir de négociation des prix, la Coopérative Agricole Kopakama s’est spécialisée dans la transformation et la vente de café arabica gourmet de type Fully Washed pour le marché international. Kopakama est labellisée Commerce Equitable et Rainforest Alliance.

Grâce au financement solidaire de la SIDI, Kopakama a pu développer son activité : l’achat des cerises de café cueillies du jour par ses membres producteurs, la transformation en café vert gourmet et sa commercialisation.

Par la création d’une filière locale labellisée commerce équitable, la coopérative dégage des revenus plus élevés pour les producteurs, d’autant plus que Kopakama a choisi de maintenir localement toute l’activité de production et de transformation. Les primes de commerce équitable ont également permis le financement d’infrastructures pour l’ensemble de la communauté (électrification de la zone, construction d’une salle polyvalente servant aux célébrations locales, etc.) et d’assurer des services gratuits d’appuis techniques aux membres – tels que des formations aux meilleures pratiques culturales.

Pour répondre aux enjeux locaux spécifiques, tels que la présence de nombreuses femmes chefs de foyer, ainsi que le risque de conflits dans la population, la coopérative s’est inscrite dans une démarche de réconciliation. Elle promeut également l’émancipation des femmes et l’intégration des mères célibataires, veuves et femmes mariées dont le mari est en prison pour actes de génocide par son projet « Women’s Coffee Project ». Kopakama a acquis une plantation dédiée uniquement aux femmes du district. Cette plantation leur permet de générer un petit complément de revenu mais surtout de se réunir régulièrement et de discuter des problèmes auxquels elles doivent faire face. Ces femmes ont par la suite formé un groupe d’épargne et de crédit permettant à celles qui sont dans le besoin d’emprunter des petites sommes fournies par le groupe.

 

Résultats ?

    • 1 002 producteurs membres (contre 47 en 1998)
    • 1 500 tonnes de cerises de café produites
    • 33 salariés permanents et plus de 300 ouvriers journaliers
    • 48 ménages ont bénéficié d’un accès à l’eau potable
    • 102 ménage ont bénéficié d’un raccordement au réseau électrique
    • 500 000 euros injectés chaque année dans l’économie locale

 
Et ce n’est pas tout ! Kopakama a pris certaines mesures pour encourager la polyculture et les cultures complémentaires (notamment les cultures de courges au pied des caféiers pour limiter l’apparition de mauvaises herbes). Elle promeut ainsi une agriculture durable par l’agroforesterie en fournissant aux membres des arbres d’ombrage ou de cultures complémentaires qui préviennent en outre l’érosion. De plus, Kopakama est en cours de certification Agriculture Biologique et espère pouvoir produire 600 tonnes de café certifié en 2020.

 
Vous ne verrez plus votre tasse de café de la même manière !
 
 
La Coopérative Kopakama est lauréat des Grands Prix de la finance solidaire 2018, catégorie « Entrepreneuriat dans les pays en développement » :

 
 

Détails

Thématique:Lutte contre les exclusions, Accès à l'emploi
Localisation:Rutsiro (Rwanda)
Année:1998
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