mai 06 2021

3 questions à Mahel Coppey, présidente du RTES

Alors que les élections régionales se tiendront les 20 et 27 juin prochain, plusieurs acteurs de l’économie sociale et solidaire apportent leur contribution pour sensibiliser les candidat.e.s à cette économie porteuse de sens. C’est notamment le cas du Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES) comme nous l’explique Mahel Coppey, sa présidente.

 

1/ Comment l’ESS contribue-t-elle au développement régional ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) est de plus en plus reconnue comme un acteur important du développement socio-économique des territoires. On connait aujourd’hui mieux son importance en termes d’emplois et de création d’emplois non délocalisables, grâce notamment aux travaux des observatoires régionaux de l’ESS, et son rôle important en matière de cohésion sociale et territoriale : environ 14% de l’emploi salarié privé, une croissance du nombre d’emplois dans les territoires ruraux de 4,9% entre 2008 et 2015, alors que le reste de l’économie en perdait 4,1%,…

La crise que nous traversons a renforcé sa visibilité, et la pertinence des valeurs et des modes de faire de l’ESS en matière, par exemple, de relocalisation de la production, ou dans des domaines d’activité comme l’alimentation. Le Grand Oral des candidat·e·s sur l’ESS en Ile-de-France que la CRESS Ile-de-France vient d’organiser, démontre très clairement que les élus ont pris conscience qu’on ne peut plus concevoir de politique de développement régional sans prendre en compte l’ESS.

Mais il est important sans doute d’aller beaucoup plus loin aujourd’hui, et de faire de l’ESS le point d’appui central pour réussir les transitions, il y a urgence. L’économie sociale, c’est la promesse d’un avenir plus juste et durable. C’est une alternative concrète aux dérives d’un modèle classique car c’est une économie au service de l’humain, et pas le contraire. C’est un écosystème d’acteurs qui partagent des valeurs de solidarité, de coopération et qui injectent de la démocratie dans l’économie au bénéfice des territoires.

 

2/ Quelles propositions et outils le RTES portera-t-il à l’occasion des prochaines élections régionales ?

Le Réseau des collectivités Territoriales pour une Economie Solidaire (RTES), qui rassemble aujourd’hui plus de 150 collectivités, régions, départements, intercommunalités et communes, a pour objectif de renforcer la prise en compte de l’économie sociale et solidaire dans les politiques territoriales. Les élections sont des moments importants pour sensibiliser les candidat.e.s, et outiller les nouveaux.elles élu.e.s. Sur le principe du Kit MunicipalESS réalisé l’an dernier, et qui a été largement diffusé (et utilisé !), nous réalisons une Kit RégionalESS (ainsi qu’un Kit DépartementalESS). Il s’agit d’une vingtaine de fiches pratiques recto-verso, qui :

  • présentent l’ESS, l’intérêt de la soutenir, et donnent les premières clés pour la mise en œuvre d’une politique volontariste structurée et construite avec les acteurs. L’expérience des collectivités du RTES montre l’importance d’avoir une vice-présidence dont la délégation fait explicitement référence à l’économie sociale et solidaire, avec des services ayant une compétence identifiée ;
  • détaillent les principes et leviers des différents niveaux de collectivités pour soutenir le développement de l’ESS (par exemple la commande publique responsable ; le soutien à un écosystème d’accompagnement et de financement prenant en compte les besoins et les spécificités de l’économie sociale et solidaire ; la place de l’ESS dans les fonds européens gérés par les régions, et l’accessibilité de ces fonds ; le soutien aux formes coopératives d’entreprises, SCIC ou SCOP ; l’appui aux dynamiques collectives et territoriales, comme les Pôles Territoriaux de Coopération Economique, les tiers-lieux, les expérimentations Territoires Zéro Chômeur Longue Durée…) ;
  • illustrent très concrètement la façon dont les différentes politiques publiques thématiques peuvent intégrer l’ESS (développement économique bien sûr, mais aussi mobilité, agriculture et alimentation, politique de la ville, déchets, revitalisation commerces…) et la façon dont les acteurs de l’ESS peuvent contribuer à ces politiques.

 

3/ Quelle place la finance solidaire occupe-t-elle dans ce plaidoyer ?

Une des prochaines fiches du Kit RégionalESS porte sur la finance solidaire, et s’appuie notamment sur les propositions de Finansol. La finance solidaire est en effet un facteur clé pour développer une économie réelle centrée sur la personne humaine, et les régions ont un rôle important pour la soutenir. Elles peuvent par exemple favoriser la mobilisation de l’épargne locale citoyenne (sensibilisation du grand public, par exemple au travers du soutien aux campagnes de promotion ou des événements tels que la Semaine de la finance solidaire), ou contribuer à la création de fonds de dotation pour soutenir des actions d’intérêt général.

Les régions peuvent aussi aider à la montée en compétences des acteurs publics locaux en matière d’information et d’orientation des structures de l’ESS vers les solutions de financement adaptées, et des porteurs de projets sur les solutions de financement et d’accompagnement proposées. Elles peuvent également faire appel à la finance éthique pour les investissements publics régionaux. Les régions ont tout intérêt à soutenir les innovations financières portées par les acteurs de l’ESS et les citoyen.nes !

 

 

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