septembre 11 2020
3 questions à Jon Sallé - Responsable de l'Observatoire de la finance solidaire chez Finansol

3 questions à Jon Sallé, Responsable de l’Observatoire de Finansol

A l’occasion de la publication du Zoom sur la finance solidaire 2020, le 10 septembre dernier, nous avons interrogé Jon Sallé, Responsable de l’Observatoire de la finance solidaire chez Finansol. En 3 questions, il nous révèle les dernières tendances et nouveautés de cette publication et fait un focus sur les derniers chiffres dédiés à la solidarité internationale.

 
Plus analytique que le Baromètre de la finance solidaire, le Zoom sur la finance solidaire 2020 présente en une vingtaine de pages les caractéristiques des différents acteurs qui font le succès de la finance solidaire. Finansol y fait figurer de nombreux chiffres et indicateurs inédits, et offre une analyse plus fine des évolutions de la finance solidaire à fin 2019.
 

1/ Quelles sont les tendances du marché ?

L’année 2019 devient l’année de toutes les performances pour la finance solidaire. L’encours de l’épargne solidaire a atteint un nouveau record en franchissant le seuil des 15 Mds€ pour atteindre 15,6 Mds€ au 31/12/2019, soit un taux de croissance annuel de 24%. En valeur absolue, l’encours a progressé de 3 Mds€ en 2019. C’est la plus forte augmentation de collecte en valeur absolue, +76% par rapport au record précédent (1,7Md€ en 2017).
Cette croissance est largement portée par les OPC, qui ont bénéficié de la forte dynamique boursière de 2019. Les livrets solidaires ont également atteint des niveaux de collecte record malgré les taux de plus en plus bas. Logiquement, les souscriptions de produits solidaires sont élevées, en cohérence avec ces tendances, et montrent l’appétence toujours plus forte des épargnants français pour la finance solidaire.
Du côté du label Finansol, l’activité est très dynamique, avec 9 labellisations et 11 délabellisations. Ces dernières nous amènent d’ailleurs à renforcer l’analyse financière des membres du premier collège dans le cadre du contrôle annuel, dans un double contexte de crise et de taux bas, et a ajouté une motion au label pour rappeler aux épargnants que le capital investi n’est en aucun cas garanti.

 

2/ Quelles nouveautés trouve-t-on dans cette nouvelle édition du Zoom sur la finance solidaire ?

Les acteurs de la finance solidaire ont été particulièrement actifs en 2019. L’encours atteint 2,1 Mds€, en hausse de 18%, notamment grâce au fort dynamisme de financement vers les associations et entreprises solidaires en France et dans les pays en développement. Nouveauté dans le Zoom de cette année, nous avons décidé de regarder plus en détail les activités de financement entre membres de Finansol, afin de valoriser aussi l’appartenance à notre réseau. En effet, si 2019 a vu la réalisation de 458 M€ de flux d’investissement hors réseau, 104 M€ ont également été investis entre membres.

Deux tendances ressortent : une vraie capacité des membres de Finansol à financer des organisations jeunes, puisque 24% des investissements (en nombre) réalisés en dehors du réseau concernent des organisations de moins de 3 ans ; une forte poussée en volume de l’investissement en fonds propre, qui passe de 13% à 19% des investissements hors réseau et représente 70% des investissements entre membres.

 

3/ Cette publication fait l’objet d’un focus sur la solidarité internationale. Quels éléments devons-nous retenir de ce dossier ?

Effectivement, 2019 est la 3ème année de notre partenariat avec l’AFD pour la promotion de la finance solidaire au service de la solidarité internationale. La dynamique est forte côté collecte, que ce soit sur les supports de financement que ceux de partage, avec un encours d’épargne qui atteint 693 M€, en croissance de 23%. Deux nouveaux produits orientés vers la solidarité internationale ont été labellisés en 2019, tendance qui se poursuit d’ailleurs déjà en 2020.
Les financements ont connu une forte hausse (+36%), et concernent majoritairement la microfinance. Nouveauté cette année, c’est le continent africain qui est le plus concerné par ces investissements.
On constate finalement que les associations de la solidarité internationale sont plus nombreuses et captent davantage de flux issus de la finance solidaire, que ce soit du côté des financements ou des dons. Une dynamique intéressante et sans doute amenée à se renforcer donc.
 
 


 
 

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