mars 10 2020
3 questions à Bernard Bayot

3 questions à Bernard Bayot, président de NewB

Grâce à une levée de fonds de 30 millions d’euros en 2019, la coopérative belge NewB va pouvoir se consacrer à la construction d’une banque éthique et durable. Pour en savoir plus sur cet ambitieux projet, nous avons posé 3 questions à son président, Bernard Bayot.

 

1/ NewB se lance actuellement dans la création d’une banque éthique et durable. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet : son ambition, quand est-il né et quel a été son cheminement ?

La crise financière de 2008 a poussé les organisations de la société civile belge à s’interroger sur l’évolution du métier bancaire. Au printemps 2011, 24 d’entre elles ont créé la coopérative NewB qui veut « changer la banque pour de bon », c’est-à-dire créer et exploiter une banque éthique et durable au service d’une société respectueuse de la planète et des droits humains.
 
Deux ans plus tard s’est déroulée la première campagne auprès du grand public en vue de convaincre 10 000 personnes à devenir coopérateur.rice. Ce seront finalement plus de 43 000 citoyen.ne.s qui rejoindront le mouvement ! Malgré ce succès, les sociétaires devront encore faire preuve de patience car le contexte n’est pas favorable au lancement d’un nouvel acteur bancaire.
 
L’idée n’est toutefois pas abandonnée et la coopérative continue à grandir, pour compter 50 000 citoyens et citoyennes, 150 organisations de la société civile et 3 investisseurs institutionnels. Elle construit son projet pièce par pièce. Jusqu’au dépôt officiel, début 2019, d’une demande d’agrément en qualité d’établissement de crédit.
 
 

2/ Fin 2019, NewB organisait une levée de fonds avec un objectif de 30 millions d’euros. Quel bilan tirez-vous de cet appel à mobilisation ?

Évidemment positif puisque nous avons finalement levé 35 millions en six semaines !

Le premier enseignement que nous pouvons en tirer est la capacité de résilience des citoyen.ne.s qui ne se sont pas découragés, ne se sont pas laissés abattre par l’apparente impossibilité de leur ambition.
Le second est le chemin emprunté pour mettre en œuvre cette alternative : se rassembler au sein d’une entreprise gérée de manière démocratique et détenue collectivement. La pratique coopérative permet, à travers des valeurs et intérêts communs, de mettre en place des solutions innovantes aux problèmes sociétaux. Elle complète donc idéalement l’engagement politique et les actes quotidiens que chacun peut poser individuellement.

Et, ce qui dit beaucoup de son avenir, elle attire les jeunes – 29 ans était l’âge le plus représenté dans la campagne de capitalisation de NewB l’année dernière.
 
 

3/ A quel stade en est le projet depuis la levée de fonds et quelles sont les prochaines étapes ?

Alors même que la Belgique n’avait plus connu de nouvelle banque créée de toutes pièces depuis 65 ans, alors même que la réglementation bancaire impose, évidemment à juste titre, des exigences élevées pour pouvoir être agréé comme banque, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé le 31 janvier 2020 d’octroyer l’agrément d’établissement de crédit à NewB. La coopérative compte aujourd’hui 116 000 coopérateur.rice.s, c’est-à-dire 1 % de la population de Belgique !

Actuellement, NewB propose déjà certains produits d’assurances et une carte de paiement prépayée. Elle proposera dans les prochains mois des comptes courants et des comptes d’épargne pour les particuliers comme les professionnels, de même que des crédits pour financer l’isolation des bâtiments, la mobilité douce ou les énergies renouvelables. Quelques mois plus tard viendront des crédits professionnels ainsi qu’une gamme de produits d’investissement.
 
 
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