novembre 04 2019
Semaine de la finance solidaire 2019 - Interview Céline, épargnante solidaire

« C’est notre argent, on doit savoir précisément à quoi il sert » – Céline, épargnante solidaire

Le 27 octobre dernier, TV Magazine est allé interroger les deux égéries de la Semaine de la finance solidaire 2019 : Céline, épargnante solidaire et Jérémy, directeur de Bibliothèques Sans Frontières. Pourquoi ? Comment ? En quatre, cinq questions ils nous donnent toutes les clés pour devenir épargnant solidaire ou pour bénéficier de la finance solidaire. Car c’est grâce à l’épargne solidaire de Céline que Jérémy a pu développer l’activité de Bibliothèques Sans Frontières.
 
Zoom sur le parcours de Céline, épargnante solidaire.

 

1/ Comment devient-on épargnante solidaire ? Aviez-vous une cause qui vous tenait à cœur ?

Comment devient-on épargnante solidaire? Très simplement ! J’étais dans une démarche où je remettais beaucoup de choses en question dans mon quotidien (le sens au travail, mon mode de consommation, etc…) et je voulais avoir le choix d’agir quotidiennement pour revenir à du bon sens et être plus proche de mes valeurs. Quand vous commencez à vous interroger sur les moyens que vous avez à votre disposition pour faire bouger les choses, vous arrivez rapidement à vous interroger sur votre « pouvoir d’achat ». Le mot « pouvoir » n’est pas anodin. Je voulais que chaque Euro qui sorte de ma poche soit utile à bâtir un monde plus solidaire, plus humain, plus respectueux de l’environnement et où le partage des richesses soit plus équitable. C’est donc très naturellement que j’en suis venue à m’interroger sur mon argent, mon épargne. J’avais de l’argent sur des fonds mais je n’avais aucune idée de quoi il s’agissait précisément.

 

2/ Aviez-vous entendu parler de finance solidaire ou bien est-ce votre banquier qui vous a soumis une liste d’associations labellisées Finansol ?

J’avais déjà entendu parler de Finansol car je suis impliquée dans l’économie sociale et solidaire et j’avais déjà lu des articles sur ce label. Je donnais déjà à des associations via des dons défiscalisés. Mais je voulais aller plus loin, car un des leviers importants pour développer un monde plus durable est l’usage que nous faisons de notre argent. Les actifs gérés par les banques françaises sont colossaux, c’est 4 fois le PIB de la France! Et dans ces actifs, il y a bien sûr notre épargne. Mais il y a une telle opacité dans les banques traditionnelles qu’il est compliqué de s’y retrouver. Je me suis donc documentée sur ce qui existait en terme de banque et de placement.

 

3/ Comment avez-vous procédé ?

En changeant de banque !
Un rapport d’Oxfam a montré que pour 1€ accordé sur les marchés financiers en faveur des énergies renouvelables, les grandes banques françaises accordent plus de 8€ d’énergies fossiles. J’étais dans l’une de ces banques et clairement je me refusais à ce que mon argent soit utilisé à de telles fins. J’ai donc décidé de la quitter pour aller dans une banque plus éthique. D’emblée, mon banquier m’a alors conseillé une assurance-vie où il y a, de base, une partie non négligeable placée sur des fonds labellisés Finansol. C’est un label que je trouve très bien. Mais label ou pas, il ne faut pas hésiter à questionner. C’est notre argent, on doit savoir précisément à quoi il sert.

 

4/ Quel type de placement avez-vous choisi ? Pouvez-vous nous en dire en quoi il consiste et vous convient ?

J’ai une assurance-vie avec des fonds labellisés Finansol. J’ai également mis la majorité de mon plan d’épargne entreprise (PEE) sur un fonds solidaire (tous les PEE ont l’obligation aujourd’hui de proposer un fonds solidaire, il est simple pour tout un chacun de flécher son épargne vers ce type de placement). J’ai ouvert un Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS, ex Codevi) pour avoir de l’argent disponible à tout moment.
Je suis aussi en train de regarder pour placer une partie de mon épargne sur des actions non cotées d’entreprises solidaires comme celles de Terre de Liens ou de LITA.co (les deux sont labellisées Finansol !).
Est-ce que ça me convient? Oui, c’est beaucoup mieux, mon épargne agit enfin dans l’intérêt général !
Concernant le taux de rémunération de ces placements solidaires, il est souvent moins importants que des placements dits traditionnels, et encore, il faut regarder au cas par cas. Bien sûr, on ne va pas trouver des taux de rémunération à deux chiffres. Mais que vais-je faire d’un taux de rémunération à deux chiffres si c’est un investissement qui détruit la planète et notre société ?
Il faut revenir à du bon sens! Epargner oui, mais pas à n’importe quel prix, pas dans n’importe quelles conditions.
 
 



 

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