mars 29 2019

Tribune collective des acteurs de la finance solidaire au service de la solidarité internationale

 

Face aux défis écologiques et sociaux, et grâce à la finance solidaire, 

agissons pour l’émergence d’une économie plus durable et inclusive dans les pays du Sud

 

Publication sur le site du journal La Croix le 29 mars 2019 : 

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/economie-durable-inclusive-pays-Sud-2019-03-29-1201012220

 

Signataires :

  • Laurent Chéreau, Responsable Communication, SIDI
  • Frédéric Tiberghien, Président, Finansol
  • Olivier de Guerre, Président, Phitrust Partenaires
  • Olivier Bossa, Président, COFIDES Nord-Sud
  • Eva Sadoun, Co-Fondatrice et Présidente, co
  • Arnaud Poissonnier, Fondateur, Babyloan
  • Benoît Faucheux, Délégué Général, CCFD-Terre Solidaire
  • Marie-Pierre Caley, Directrice Générale, ACTED
  • Christine Jacglin, Directrice Générale, Crédit Coopératif
  • Gaël Marteau, Directeur France, Oikocredit
  • Jean-François Riffaud, Responsable Communication et Développement, Action contre la Faim
  • Alice Cases, Responsable Communication et Levées de fonds particuliers, FADEV

 

« Chaque jour qui passe nous confirme l’imminence de chocs environnementaux dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’humanité. Fin février encore, la FAO, Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, alertait[1] sur le risque de pénurie alimentaire mondiale, du fait d’une chute de la biodiversité qui menace lourdement nos systèmes agricoles.

Cette menace est d’ailleurs pour partie une réalité dans les pays en développement, puisqu’après des années de baisse, la proportion de personnes sous-alimentées dans le monde augmente à nouveau depuis 2014,[2] à cause de l’augmentation du nombre d’événements climatiques extrêmes.

Derrière ces faits, un constat: ce sont les populations vulnérables qui subissent et subiront de plein fouet ces chocs, étant donné leur faible capacité à y faire face, faute de ressources, alors qu’ils  pèsent paradoxalement peu sur l’équilibre de nos écosystèmes[3]. C’est donc notamment dans les pays en développement que nous devons trancher le nœud gordien des inégalités pour répondre à l’urgence écologique qui nous concerne tous.

Face à l’ampleur de ces défis, nous devons agir en soutenant là-bas les initiatives qui placent comme priorité la solidarité entre les personnes et entre les générations. Et des dizaines de milliers de Français s’y sont déjà engagés grâce à la finance solidaire.

Parce que les projets qu’elle soutient sont choisis d’abord pour leurs critères de durabilité, d’écologie, de ciblage des populations exclues, la finance solidaire permet de lutter concrètement contre les inégalités, et participe à inventer une économie moins polluante et plus sobre. Parce que les acteurs travaillent sans dogme préalable, sinon celui des résultats sur le terrain, la finance solidaire constitue un laboratoire d’innovations sociales en termes de ciblage, d’outils, de pratiques. Parce que les épargnants qui la soutiennent sont guidés d’abord par la volonté de répondre efficacement à des problématiques sociétales plutôt que par l’accumulation de richesse, la finance solidaire permet enfin de s’attaquer aux causes mêmes des déséquilibres de l’économie, que sont le court-termisme, la quête du seul profit, la satisfaction des désirs plutôt que des besoins.

Ainsi, fin 2017, ce sont plus de 33 millions d’euros de financement solidaire qui étaient investis dans les projets de solidarité internationale (microfinance, filières agricoles, énergies renouvelables, aide humanitaire…) et 1,4 million d’euros de dons en faveur d’associations de solidarité internationale, et ce, afin de lutter pour un développement durable et inclusif des sociétés du Sud.  En 2017, la finance solidaire ne représentait que 0.23% de l’épargne financière des Français[4]. Néanmoins, les résultats des projets financés sont éloquents[5], et doivent nous inciter à orienter une plus grande part de notre épargne vers les circuits financiers solidaires. 

Les acteurs de la finance solidaire inventent, résolument et depuis plus de trente ans, une relation équilibrée et féconde entre pays dits riches et pauvres, pour le bénéfice des populations locales qui, en toute dignité, se voient proposer plus d’opportunités pour conduire leur développement selon leurs propres termes. Discrètement, mais concrètement, la finance solidaire propose en fait un autre paradigme pour l’économie et les relations internationales, guidé par le respect mutuel et la recherche du bien commun. Ce modèle financier a prouvé sa pertinence, les acteurs de la finance solidaire et de la solidarité internationale le démontrent.

L’engagement de chacun est possible, et nous devons tous faire l’effort de reprendre le contrôle de l’affectation de notre épargne pour la guider vers le développement de projets à forte utilité sociale et environnementale à travers le monde. Ce soutien doit également venir de nos banques, de nos compagnies d’assurances et de nos mutuelles, que nous devons inciter à créer et à proposer des placements solidaires visant à accompagner et développer ces projets.  Nous avons la capacité de contribuer ensemble à un changement d’échelle de la finance solidaire qui soit à la hauteur de l’enjeu : celui d’améliorer durablement les conditions de vie des moins favorisés, où qu’ils vivent et travaillent dans le monde. »

 

En savoir plus : www.financerlasolidariteinternationale.org

 

[1] http://www.fao.org/news/story/fr/item/1181464/icode/

[2] http://www.fao.org/state-of-food-security-nutrition/fr/

[3] https://www.oxfam.org/fr/rapports/inegalites-extremes-et-emissions-de-co2

[4] https://www.finansol.org/_dwl/zoom-finance-solidaire.pdf

[5] https://www.financerlasolidariteinternationale.org/decouvrir/les-projets-solidaires-finances

 

 

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