mars 08 2018
8 mars - Mieja Vola Rakotonarivo, directrice de NutriZaza

[Témoignage] Mieja Vola Rakotonarivo, directrice de Nutri’zaza

Finansol lance une série de portraits de 4 entrepreneuses solidaires ayant bénéficié de la finance solidaire. Découvrez le témoignage de Mieja Vola Rakotonarivo, directrice de l’entreprise Nutri’zaza, bénéficiaire du soutien de la finance solidaire pour la création de l’entreprise.

 

Mieja Vola Rakotonarivo - directrice NutriZazaPouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ?

Ingénieur agronome, titulaire d’un master en technologies alimentaires, je suis Mieja Vola RAKOTONARIVO, directrice générale de Nutri’zaza depuis 2013. J’ai commencé à travailler en 2004, au sein de la représentation du GRET à Madagascar en tant que responsable de volet rural, ensuite responsable agroalimentaire avant de piloter le projet de création de l’entreprise sociale Nutri’zaza en 2011.

L’entreprise sociale Nutri’zaza a été créée en 2013 pour apporter une contribution à la lutte contre la malnutrition infantile à Madagascar. C’est une société anonyme qui compte actuellement une centaine de salariés.
Cette entreprise a été créée par le GRET avec 4 autres partenaires, dont la SIDI (investisseurs et partenaires), TAF (opérateur malgache – producteur) ou encore l’association malgache APEM. Nutri’zaza gère la distribution de plusieurs produits fortifiés pour différents groupes vulnérables et à travers plusieurs réseaux de distribution dont les restaurants pour bébés.
 

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

Sans les acteurs de la finance solidaire, le démarrage de l’entreprise aurait été plus difficile. A travers la participation de la SIDI au capital de Nutri’zaza à hauteur de 88 000€, on a pu bénéficier de la finance solidaire, ce qui a permis de créer l’entreprise avec d’autres partenaires, de faire développer plus rapidement les activités de l’entreprise et de toucher plus de populations vulnérables. Cet appui nous permet aujourd’hui de travailler avec des femmes, qui ont pour la plupart des problématiques sociales, de prendre le temps de les former, de les accompagner plus longtemps pour qu’elles progressent et deviennent performantes. Mais surtout, il nous permet de rendre viable et pérenne quelque chose à laquelle nous croyons : la possibilité d’un service de qualité, accessible pour les populations, même pauvres.
 

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

Quand on entreprend dans le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire, le plus difficile est l’évaluation de l’impact. Aussi, il faut des indicateurs précis, chiffrés ou non, pour pouvoir démontrer qu’on gère une entreprise qui a d’autres vocations que l’aspect financier.
Qui dit « ESS » ne veut pas dire moins de rigueur ou moins de défis, au contraire. Mais il n’y pas mieux que les femmes pour jongler avec une équation à plusieurs inconnus !

Entourez-vous des bonnes personnes. L’humain est le premier atout de toute entreprise : les salariés engagés dans une entreprise en laquelle ils croient sont les piliers de l’entreprise.

Si vous avez une idée en laquelle vous croyez, et que vous peinez à la développer par manque d’appui, il y a d’autres alternatives que les voies de financement ordinaires.
 

Quel est votre meilleur souvenir d’entrepreneuse ou anecdote ?

Je travaille beaucoup avec des femmes, les animatrices, distributrices de la KobaAina ou « bouillie de vie » pour les enfants à travers le réseau des restaurants pour bébés. Mon meilleur souvenir c’était la joie de ces femmes, qui ont travaillé depuis des années avec nous en tant que prestataires et qui sont devenues salariées de l’entreprise, avec tous les avantages que cela leur donne (droit à la médecine du travail, à une mutuelle santé, etc.). Plusieurs d’entre elles ont témoigné leur joie de faire partie de l’entreprise, lors d’un événement en team building organisé par l’entreprise. Peu de temps après, elles se sont reconnues quand elles ont vu les échos des Grands prix de la finance solidaire dans les journaux locaux, tellement fières, de faire partie de cette entreprise atypique, et dirigée par une femme !

 


 

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